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L'origine des THOLANCE




Lorsqu'on commence sa généalogie, une question se pose très vite : quelle est l’origine des noms de famille rencontrés ?
Grâce à l’aide de spécialistes en onomastique, nous avons découvert l’existence d’un lieu-dit et d’un pont Sncf Tholance, à proximité immédiate l’un de l’autre, en Haute Loire, à Lavoûte-sur-Loire.
Comme vous pouvez le voir sur l'illustration ci-dessus, le lieu-dit est déjà situé et nommé sur la carte de Cassini (aux environs de 1756), orthographié « Tolance ».
Cette découverte nous a beaucoup réjouis tous les deux : Jacques y voyait un moyen pour connaître enfin l’orthographe originelle de son nom de famille, quant à moi, originaire des bords de Loire, ce pont sur la Loire était un lien supplémentaire entre nous deux. Il nous tardait donc d’aller découvrir ce lieu, et la visite fût pleine d’imprévus et de surprises.
La route nous a offert des paysages superbes et sauvages; quant à la ville du Puy en Velay c’est un magnifique exemple de conservation du patrimoine : de vieux bâtiments rénovés à ne plus savoir où regarder, une cathédrale, érigée sur un rocher, d’une beauté à couper le souffle. Nous y avons rencontré des gens très sympathiques, prêts à rendre service, sans doute pour compenser la rudesse du climat.
Le hameau Tholance est situé à environ 15 km au nord du Puy; arrivés à proximité, une première surprise s'offre à nous, à la bifurcation de la route y menant:





D’un coté le panneau officiel de la DDE écrit Tholance et de l’autre un vieux panneau en bois écrit Tholence, c’est d’ailleurs cette orthographe qui est reprise sur le site de présentation de Lavoûte Polignac.
En s’engageant sur cette route, après 2 virages nous découvrons un magnifique pont surplombant fièrement une Loire bien différente de celle que j’ai l’habitude d’admirer depuis mon enfance. Ici c’est le début du fleuve : ruisseau serpentant entre de gros blocs de pierre.
En fait il y eut 3 ponts au même emplacement :
• Du premier ne subsiste qu’un empilement de granite. Ce pont ne comportait qu’une seule arche, proche d’un moulin.
• Le « pont vieux », d’époque médiévale comportait 6 arches pour pouvoir résister aux crues, il en reste une seule que l’on aperçoit sur la photo ci-dessous.
• Le pont actuel dédié au chemin de fer est livré en 1864, bâti de granite taillé, les arches dominant le fleuve de 15 mètres.


Le pont Tholance


Après le pont, une petite route serpente le long de l’eau; à priori c’est une ballade très prisée des habitants du Puy et bien balisée à cet effêt : la route est jalonnée de panneaux explicatifs sur les particularités locales et régionales.


Plus loin un moulin encore en activité : c’était le moulin banal des Polignac, édifié au moyen âge. Il est flanqué d’une tourelle qui abrite encore un magnifique escalier médiéval. En 1826, 5 moulins cohabitaient à cet endroit, tirant leur énergie d’une roue à aube actionnée par une chute d’eau de 6 mètres; ils servaient à moudre le blé mais aussi l’orge et le chanvre, à battre les draps et à aiguiser les lames.
Depuis 1980 le seul moulin encore en activité a été transformé en centrale électrique.
Dominant le tout, se trouve le château de Lavoûte-Polignac niché sur un promontoire dans une boucle de la Loire.

le château de Lavoûte-Polignac


Le château de Lavoûte-Polignac fait partie des châteaux de la Loire. Il fut la résidence favorite de la famille de Polignac.
Au départ étant un château fort, le domaine de Lavoûte fut remanié au XVIIème siècle par le vicomte de Polignac Gaspard-Armand XVIII. Il y avait 4 tours d’angle et 3 ailes. Le castel était défendu par une double ligne de rempart. Se trouvait aussi un donjon intérieur au centre de la cour qui contenait l’escalier et servait autrefois de clocher.
Le château fut vendu comme bien national en 1793 après l'émigration des Polignac pour l’Autriche, à Vienne, et est racheté dans la foulée par une famille locale, mais faute d’argent, le château est réduit à l'état de ruine. Au XIXème siècle, la famille de Polignac rachète le château et Melchior de Polignac, comte du nom, fait restaurer l’aile sud qui est le seul bâtiment du corps de logis encore debout aujourd'hui.
Le château, très beau, fut construit avec des pierres locales comme la pierre grise volcanique et cette ocre typique de l’emblavez. Le corps de logis comporte aussi un très joli toit mansardé rappelant les maisons de Bourgogne.
Ne pas confondre ce château avec celui de Polignac qui domine le village du même nom à 5 kms de la ville du Puy.
Enfin tout au bout de la route, 3 maisons mais plus aucun panneau indicateur : 2 maisons rénovées semblant vides (résidences secondaire ?) et une vieille ferme dont sortait un monsieur âgé.


Nous étions bien au hameau Tholance, sa famille avait racheté la ferme Tholance quelques générations avant lui.
Devant l’insistance des questions de Jacques, il s’est assis sur le talus bordant la route et nous a raconté une étrange histoire :
Cela commençait presque comme un conte: il était une fois la femme du châtelain qui avait fauté avec un de ses serviteurs, elle était donc enceinte de quelqu’un d’autre que son mari ! Elle a réussi à cacher sa grossesse, mais au moment de l’accouchement il fallut bien se débarrasser de l’enfant qui était un petit garçon. Elle le jeta par une des fenêtres du château en direction de la Loire.
Une des servantes, habitant la ferme d’en dessous, surprise par les vagissements du bébé, le recueillit et lui donna le nom du lieu. D’après ce vieil homme, c’est ainsi que commença l’histoire des Tholance.
Pour nous qui avions le lieu sous les yeux, il nous semblait impossible que quelqu’un puisse résister à une telle chute dans le vide. La photo ci-dessous donne une petite idée de la hauteur et de la distance des fenêtres du château au sol… Mais, partant du fait que, de nos jours, il arrive que, par accident, des enfants tombent de la fenêtre d’immeubles à étages sans blessure ou presque (selon la « souplesse » du sol à la réception et peut-être... la chance, aussi), cette hypothèse n’est peut-être pas si loufoque que ça.
Vous apercevrez sur la photo aérienne ci-dessous le château de Lavoûte-Polignac et le hameau Tholance (en bas), séparés par la Loire :


Rappelons comment était organisé le territoire, au moyen-âge :
A cette époque, la propriété de toutes les terres est partagée entre les différents seigneurs.
Les paysans (98% de la population) ne sont que des tenanciers, mais leur bail est perpétuel, ils ne peuvent être chassés par le seigneur. Par contre ils sont redevables de toutes sortes de taxes :
• Au seigneur d’abord, pour la jouissance de la maison et des terres, le paysan verse un cens qui représente entre un cinquième et un quart de sa récolte.
• A l’église ensuite qui prélève un dixième de toutes les productions paysannes : blé mais aussi légumes, volailles et viande.
• Chaque hameau verse, en plus, une redevance pour l’usage des terres communales, le plus souvent des pâtures.
• Sans oublier le droit de ban pour l’utilisation des moulins et fours communs.
Il est donc à peu près certain que les premiers habitants de Tholance furent les serfs des Comtes de Polignac. Par contre, il est difficile de croire et surtout de prouver l’existence de ce « bâtard » né peut être de l’imagination fertile des habitants locaux.
Nous ne saurons vraisemblablement jamais ni quelle était la première orthographe réelle du nom (Tolance, Tholance ou Tholence ?), ni qui du hameau ou de l’homme a donné son nom à l’autre, mais nous retournerons bientôt dans ce superbe endroit pour y poursuivre nos recherches, quitte même à demander à fouiller dans les archives privées du château des Polignac, qui doivent, à coup sûr, receler des informations à ce sujet.
A suivre…